«Conserver des plantes, des arbres et des espaces verts qui vont rafraîchir la ville en été»

Par Auriane Poillet

publié le 3 mai 2023

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Environnement

© Auriane Poillet

Pour Gre.mag, Zoé Pelta, étudiante chargée d'une mission qui concerne l'évolution du fleurissement au sein du service Nature en ville à Grenoble, fait le point sur ce travail d'état des lieux, d'analyse et de recherche de solutions engagé en février dernier.

En quoi consiste votre mission ?

L'idée est de travailler sur l'évolution du fleurissement dans un contexte de changement climatique et d'adaptation à ce changement. Plus précisément, je travaille sur ce qu'impliquerait l'augmentation de la production et de la plantation de plantes vivaces par rapport aux plantes annuelles, qui sont actuellement majoritaires dans les massifs.

Le centre horticole fait déjà des tests. Des plantes vivaces sont déjà plantées dans les massifs. Est-ce que ce changement de pratique est vraiment bien des points de vue environnemental et économique ? On en est à peu près convaincu.

Par exemple, les vivaces supportent généralement mieux les périodes de sécheresses que les annuelles. Mais il s'agit de le quantifier et de le formaliser.

Quels sont les enjeux de cette réflexion autour du fleurissement ?

Il y a des enjeux autour de la production : ça peut faire bizarre de se dire que, tous les ans, on produit des plantes et qu'on les jette à la fin de l'année. Ça implique aussi de racheter des fournitures pour la production tous les ans par exemple. Il y a aussi un enjeu lié à l'eau.

On aurait besoin d'arroser les annuelles tout l'été, alors qu'aujourd'hui, au mois de mars, il y a déjà de gros problèmes de sécheresse, et on ne sait pas ce que ça va donner les prochaines années. Et, bien sûr, plus largement que le fleurissement, l'enjeu est aussi de pouvoir garder des plantes, des arbres et des espaces verts qui vont rafraîchir la ville en été.

Comment est-ce que ce changement peut être perçu ?

Tout ça peut entrer en tension avec une certaine conception de la propreté et du soin que l'on a en ville. J'ai l'impression que c'est en train d'évoluer mais ça peut entrer en conflit avec une certaine vision du beau. Avec les annuelles, toute la ville fleurit d'un coup. On a un effet de surprise avec des thèmes qui changent régulièrement. Alors qu'avec les vivaces, c'est plus ou moins figé.

Alors que le but avec les vivaces est de laisser le massif en place pendant plusieurs années. Mais ce sont aussi des fleurissements qui vont être étalés dans le temps. En hiver, il reste des plantes, du volume, etc. Il y a des avantages. Et l'idée n'est pas de faire du 100 % vivaces. Il y a des équilibres à trouver.