Eric Piolle : «Grenoble œuvre au quotidien pour soutenir les personnes en situation de pauvreté»

Par La Rédaction

publié le 8 janv. 2024

Article

Solidarités

© Sylvain Frappat

Quel héritage aimeriez-vous que les Grenobloises et les Grenoblois conservent de l'année de la Libération de Grenoble ?

«Nos places, nos rues, nos espaces verts à Grenoble conservent encore la mémoire de celles et ceux qui ont risqué voire perdu la vie en résistant au joug nazi, et ont contribué à édifier le monde d'après-guerre. Grenoble est l'une des cinq villes françaises désignées ville Compagnon de la Libération par le Général de Gaulle, nous confiant par là même un rôle et une responsabilité particuliers, car je le cite, «si les individus sont destinés à disparaître, les collectivités Compagnons continueront à témoigner dans l'avenir de ce qu'a été l'Ordre de la Libération».

J'aimerais qu'aujourd'hui, les Grenobloises et les Grenoblois participent à ces moments de commémoration et transmettent aux plus jeunes d'entre nous comment Grenoble a contribué à la grande Histoire. Que chacune et chacun d'entre nous se souviennent de la possibilité de ce courage passé, et la capacité de ces personnes à se réunir et à élaborer ensemble un autre avenir, celui du Conseil national de la Résistance, dont nous portons encore l'héritage, les Jours heureux, et que nous devons sauvegarder.»

Ces Jours heureux, qu'en retenons-nous aujourd'hui ?

«Les Jours heureux ont contribué à l'inscription des droits sociaux dans la Constitution et à la naissance de notre système de Sécurité sociale. Aujourd'hui, 27 000 personnes à Grenoble sont en situation de pauvreté. La Ville œuvre au quotidien pour les soutenir. Outre le bouclier social et climatique initié en 2023, qui a mis en place un certain nombre de gratuités et de tarifs solidaires, la Ville, au travers de son CCAS, propose de multiples aides à la population, contre la précarité énergétique comme pour le droit aux vacances et au microcrédit.

Les Maisons des Habitant-es et la Caravane des droits constituent une seconde cheville ouvrière de ces politiques de solidarité, de par l'information plus que jamais nécessaire qu'elles procurent aux usagères et aux usagers. L'après-guerre, ce fut aussi l'ouverture de nouveaux droits pour les femmes, considérées depuis le Code Napoléon comme d'éternelles mineures. La ville de Grenoble prolonge cet héritage en rendant les femmes visibles dans l'espace public.»

2024, c'est aussi une année sportive, n'est-ce pas ?

«Grenoble ville Olympique en 1968 a une relation particulière aux Jeux Olympiques et participera à l'année olympique 2024. En revanche, ce ne sera pas une interprétation faite de records, de compétition, de sponsorings et de dépenses somptuaires que nous ferons des Jeux pendant l'été 2024. Notre façon d'incarner les Jeux sur notre territoire valorisera un sport festif, populaire, intergénérationnel, qui traite les genres et les identités à égalité, et qui puisse se pratiquer quels que soient son niveau social et sa forme physique.

Mais nous n'attendons pas les JO pour ça : les activités de Sports et quartiers et de l'Été Oh ! Parcs, la rénovation des gymnases de la Ville, le soutien aux actions vertueuses des clubs sportifs, c'est contribuer aux valeurs du sport à plein temps et toute l'année. Une année 2024 que je souhaite, à toutes les Grenobloises et tous les Grenoblois, festive, sportive et engagée !»