Histoires de résistant-es : Gabrielle Giffard et Raymond Perinetti

Par Anne Maheu

publié le 29 févr. 2024

Article

Patrimoine et Histoire

Gabrielle Giffard, en blanc, dans un groupe de maquisard-es du secteur Vizille - basse Romanche en 1943.

Gabrielle Giffard, en blanc, dans un groupe de maquisard-es du secteur Vizille - basse Romanche en 1943.

© Coll. Musée de la Résistance et de la Déportation- Département de l’Isère

Gabrielle Giffard alias Ariel, mouvement Combat

Née à Annecy le 19 avril 1925, Gabrielle Giffard est orpheline de père à l'âge de sept ans, celui-ci étant décédé des suites de la Première Guerre mondiale. En 1940, lors de la débâcle, elle vit à Vizille où elle entend Radio-Londres et le général de Gaulle exhortant les Françaises et les Français à garder espoir. Elle prend des notes sur ses cahiers d'écolière et rédige seule des tracts qu'elle dépose dans les boîtes aux lettres de notables locaux.

Lors d'un séjour à Annecy, la veille d'une manifestation officielle, elle scie les cordes d'un drapeau qui tombe en pleine cérémonie à peine hissé. Elle a quinze ans. Arrêtée quelques jours plus tard, des lettres ayant attiré l'attention de la censure, elle est interrogée par la police et retenue quarante-huit heures au commissariat. À sa sortie, elle est contactée par la Résistance et entre au mouvement Combat proche du général de Gaulle dès son retour à Vizille, se consacrant à la propagande. Fin 1943, avec Anthony Seigle-Ferrand, alias Merlin, son futur mari, elle prend le commandement d'un groupe franc qui réalise des opérations de sabotage et parvient notamment à constituer un stock de carburant et de munitions.

Elle est l'une des seules femmes en France à avoir commandé une section dans le maquis de l'Oisans et combattu l'arme au poing. Après la guerre, elle recevra de nombreuses médailles et ne cessera d'œuvrer pour la mémoire et l'esprit de résistance tout au long de sa vie. Elle décède le 23 février 2023. Le nom de Gabrielle Giffard a été attribué à une rue de Grenoble.

Raymond Perinetti alias Colonel Brun, Maquis FTP du Vercors

Né en 1911 à Caravino (Italie), Raymond Perinetti est issu d'une famille ouvrière du Val d'Aoste. Peintre en bâtiment, syndicaliste CGT-U, puis CGT, il milite à la jeunesse communiste en 1927 et au Parti Communiste Français dès 1932. En août 1939, il participe au comité régional semi-clandestin du PCF.

©Coll. Musée de la Résistance et de la Déportation- Département de l’Isère
Raymond Perinetti, à droite, et un camarade, en 1945.

Arrêté une première fois le 9 novembre 1939, il est interné à la prison Saint-Joseph de Grenoble puis à celle de Saint-Paul à Lyon. Relaxé en août 1940, dès son retour à Grenoble, il milite clandestinement. De nouveau arrêté en novembre 1940 à Autrans et interné à Fort-Barraux, il est désigné par ses camarades responsable du PCF dans le camp. Transféré en octobre 1941, dans le Tarn puis en Ariège, il s'évade le 14 février 1943 et revient à Malleval dans le Vercors où il crée un maquis FTP (Franc-tireur et partisan, mouvement de résistance intérieure créé par le Parti Communiste Français) avec Paul Billat.

Le 9 novembre 1943, il dirige l'opération de libération de 32 résistant-es interné-es à la prison de Bellevue à Saint-Étienne. En décembre 1943, il est appelé à Lyon au commandement de la Zone sud jusqu'en août 1945 où il entre dans Lyon à la tête des FTP sous le nom de guerre de Colonel Brun. Après la guerre, il sera secrétaire de la fédération PCF de l'Isère en 1947 et maire de Grenoble du 20 décembre 1948 au 23 janvier 1949. Puis il deviendra secrétaire non permanent au Conseil mondial du Mouvement de la Paix. Décoré de la Légion d'honneur, il décède en 1990 à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Une place de Grenoble porte son nom.

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